Le 7 novembre 1867, rue Freta, dans un vieux quartier de Varsovie, Bronislawa Boguska Sklodowska, donne naissance à sa quatrième fille : Maria. Originaire de la petite noblesse appauvrie, Madame Sklodowska dirige une école de jeunes filles des meilleures familles.
Á la naissance de Maria, les premiers signes de tuberculose apparaissent chez Madame Sklodowska. Monsieur Sklodowski, de quatre ans son aîné, est professeur de mathématiques et de physique.
C’est la fin du XIX siècle. La Pologne démembrée, est soumise à une politique de russification et de répression intenses. Monsieur Sklodowski, n’étant pas suffisamment russophile, perd son poste de sous-directeur de lycée. La famille doit déménager et rencontre des difficultés matérielles. Le père devenu surveillant de pensionnat, héberge de jeunes élèves. Le typhus assombrit cette période : Zosia et Bronia sont contaminées et Zosia disparaît. Maria a neuf ans.
Deux ans plus tard, sa mère meurt. Submergée par la douleur, Maria, petite fille surdouée, se tourne résolument vers la lecture et les études.
Après « le pensionnat de Mademoiselle Sikorska, si profondément polonais, Maria devient élève d’une institution officielle où l’esprit de russification est tout puissant. » Eve Curie, Madame Curie, Gallimard, 1938.
Les Gymnases impériaux sont les seules institutions qui délivrent des diplômes valables et Maria est bien déterminée à les obtenir. À l’âge de seize ans, elle termine ses études secondaires et reçoit la troisième médaille d’or de la famille. Les enfants Sklodowski, cumulent de manière manifeste : vitalité, réussite et dons.
Après sa réussite scolaire, Maria part en vacances à la campagne pour se reposer de « la fatigue due à la croissance et aux études ».
Sais-tu Kazia… Malgré tout, j’aime le Gymnase. Peut-être que tu vas te moquer de moi, et pourtant…les deux années que je dois y passer ne me paraissent plus aussi affreuses, aussi pénibles et aussi longues que je croyais.
écrit Eve Curie, dans Madame Curie, Gallimard, 1938.