Pierre Curie, en 1876, à l’âge de 19 ans.
Pierre Curie
2
Pierre est originaire d’Alsace par son père, de la région lyonnaise par sa mère, fille d’un petit industriel ruiné par la révolution de 1848.

Il est pensif, rêveur, doutant souvent de lui-même.

Son père, Eugène Curie, a renoncé à un début de carrière scientifique pour se consacrer à l’exercice de la médecine. Libre penseur, anti-clérical, admirateur de la science, le docteur Curie n’a pas fait baptiser ses deux fils, et il a porté secours aux blessés, avec l’aide de ses fils, pendant la Commune, sans distinction de camp. Pierre a été élevé dans une atmosphère de douceur et d’affection.

N’ayant pas pu s’adapter à l’enseignement scolaire, il bénéficie d’une éducation tout à fait originale.

Ses parents, relayés par son frère Jacques*, lui servent d’instituteurs puis de professeurs, au rythme de deux heures par jour. Le reste du temps est consacré à la promenade, la lecture, la rêverie. Son instruction est heureusement complétée par les cours d’un excellent professeur de mathématiques qui éveille aussi sa curiosité pour la physique. Il est reçu bachelier à 16 ans et obtient sa licence de physique deux ans plus tard.

Les quelques pages de son journal intime, écrites dans sa jeunesse, évoquent plus la sensibilité d’un poète que celle d’un physicien.

« C’est en mon imagination que j’aurai le plus confiance pour me tirer de l’ornière, mais j’ai bien peur qu’elle ne soit morte. »
Pierre Curie par Marie Curie, Odile Jacob, 1996.






Pierre Curie, en 1876,
à l’âge de 19 ans.
© A.C.J.C. Fonds Curie et Joliot-Curie.

Le plus pénible, ce sont les concessions qu’il faut faire aux préjugés de la société…Si on en fait pas assez, on est écrasé, si on en fait trop, on est vil et on prend le dégoût de soi-même…
écrit Eve Curie, dans Madame Curie, Gallimard, 1938.
 Imprimer
 Diaporama