Pierre et Marie Curie dans le hangar de la découverte, vers 1903.
Marie et Pierre
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Les Curie travaillent pendant plus de deux ans entièrement à l’Ecole de physique et chimie. Le manque d’un laboratoire, adapté aux travaux de traitement de grandes quantités de résidus de pechblende*, les handicape particulièrement.

« Une question particulièrement grave était celle du local ; nous ne savions où faire nos traitements chimiques…C’était une baraque en planches, au sol bitumé et au toit vitré, protégeant incomplètement contre la pluie, dépourvue de tout aménagement ; il ne s’y trouvait pas de hottes pour les traitements qui dégagent des gaz nuisibles ; il fallait donc exécuter ces opérations dans la cour quand le temps le permettait, sinon il fallait les faire à l’intérieur, laissant les fenêtres ouvertes. » Marie Curie, dans Pierre Curie, Odile Jacob, 1996.
« Dans ce laboratoire de fortune, nous avons travaillé presque sans aide pendant deux ans... Pierre Curie continua les recherches sur les propriétés du radium*, tandis que je poursuivais les traitements chimiques en vue de la préparation du radium pur. » Marie Curie, dans Pierre Curie, Odile Jacob, 1996.

À partir de la nomination de Pierre Curie à l’Ecole de physique et chimie puis à la Sorbonne, ils disposeront d’un petit laboratoire 12 rue Cuvier, une pièce d’abord, à laquelle s’ajoutera, à force de démarches, un petit pavillon annexe. Ils pourront accueillir un petit nombre de collaborateurs, en particulier le chimiste André Debierne* et Albert Laborde.
Marie Curie est très souvent considérée uniquement comme une chimiste. On pense à ses qualités d’expérimentatrice. Elle est physicienne et elle a une bonne pratique des mathématiques. Pierre domine peut-être mieux qu’elle les concepts de la physique, mais il reconnaît volontiers sa supériorité dans le maniement des équations différentielles.

Pierre et Marie Curie dans le hangar de la découverte, vers 1903 (Ecole de Physique et de Chimie Industrielles de Paris). © A.C.J.C. Fonds Curie et Joliot-Curie.

Malgré les difficultés de nos conditions de travail nous nous sentions très heureux.…Dans notre hangar si pauvre régnait une grande tranquillité…Nous vivions dans une préoccupation unique, comme dans un rêve.
Marie Curie, dans Pierre Curie, Odile Jacob, 1996.
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